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Des violences ont de nouveau eu lieu en Martinique dans la nuit de mardi à mercredi où neufs membres des forces de l’ordre ont été blessés malgré la décision de l’intersyndicale, à l’origine de la mobilisation, de lever les barrages pour éviter un emballement comme en Guadeloupe.

Parmi les neuf blessés se trouvent cinq gendarmes mobiles, selon la gendarmerie, et quatre policiers ( syndicat police).

Les membres des forces de l’ordre ont tous été blessés lors d’échauffourées dans le quartier de Ste Thérèse, à Fort-de-France, déjà le théâtre la nuit précédente de tirs par arme ciblant les forces de sécurité.

« Deux individus ont été arrêtés à Schoelcher après qu’une bande circulant à moto a ouvert le feu sur les gendarmes qui tenaient un contrôle routier à la pointe de Jaham », selon la gendarmerie, tandis qu’un tireur a été arrêté à Sainte-Thérèse (syndicat police).

« L’intersyndicale a décidé ce soir de lever les barrages », avait pourtant annoncé sur Martinique La 1ère dans la nuit de mardi à mercredi Bertrand Cambusy, secrétaire général de la CSTM, un des syndicats à l’origine du mouvement.

Cet appel avait pour but de ramener le calme en Martinique pour éviter un embrasement comme dans la Guadeloupe voisine.

Depuis lundi matin, le réseau routier est fortement perturbé, avec barrages bloquant les principaux axes routiers, notamment aux abords des grands secteurs d’activité du Lamentin, situé au centre de la Martinique.

Ces violences se sont produites en marge de l’appel à la grève générale qui a débuté lundi pour dénoncer, comme en Guadeloupe, l’obligation vaccinale et les suspensions de soignants, mais aussi le coût de la vie et les prix des carburants.

Derrière cette mobilisation, 17 syndicats qui ont signé un préavis le 15 novembre dernier, en provenance de tous les secteurs économiques de l’île.

– Couvre feu prolongé –

En Guadeloupe, la préfecture a décidé, après une cinquième nuit de violences, de prolonger le couvre-feu jusqu’au 28 novembre dans l’île.

Le bureau des internes en Guadeloupe a annoncé mercredi dans un communiqué qu’ils exerçaient leur droit de retrait, évoquant un « péril imminent » face à l' »insécurité croissante » et à des « menaces » quand ils se rendent sur leur lieu de travail. « Les internes regagneront leurs postes au moment où leur sécurité sera de nouveau assurée », indiquent-ils.

Pour calmer la situation, Jean Castex avait annoncé lundi la création d’une « instance de dialogue » afin de « convaincre et d’accompagner individuellement, humainement », les professionnels concernés par l’obligation vaccinale.

Une décision qui n’a pas convaincu en Guadeloupe, où la nuit de lundi à mardi avait été marquée par des tirs à balles réelles contre les forces de l’ordre, dénoncés par les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu.

Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs fait du rétablissement de l’ordre public « le préalable à toute discussion évidemment ».

« La vaccination obligatoire pour les personnels soignants (…) n’est pas négociable, le pass sanitaire n’est pas négociable non plus. On ne va pas négocier la sécurité sanitaire des Français », a pour sa part déclaré mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, interrogé sur franceInfo.

Il a souligné l’importance du « fonds de solidarité » et des « soutiens publics massifs, légitimes » pour les Antilles. « J’ai parfaitement conscience des difficultés économiques, mais on ne les traitera pas dans la violence », a-t-il assuré.

En attendant, les Guadeloupéens emploient le système D pour minimiser l’impact sur leur quotidien des blocages routiers touchant l’île depuis près d’une semaine.

Jongler entre la garde des enfants et leur emploi, ils y sont habitués depuis près de deux ans: « Les écoles ont à peu près été ouvertes normalement pendant seulement six mois » entre les diverses mobilisations sociales et les confinements en raison de la crise sanitaire, a expliqué à l’AFP, Maëva Barret, habitante de l’île depuis 11 ans.