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Face à la recrudescence des menaces de mort à l’encontre des députés, une référente a été désignée au sein des services de l’Assemblée nationale pour « recueillir les signalements » et « conseiller » les élus dans leurs démarches éventuelles, a appris l’AFP mardi de source parlementaire.

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a adressé à l’ensemble des députés un courrier pour les en informer. « Beaucoup d’entre vous ont été la cible, ces dernières semaines, de propos ou d’écrits injurieux ou de menaces de mort, le plus souvent formulés de manière anonyme sur les réseaux sociaux ou par courriel », écrit-il.

« De telles tentatives d’intimidation ne sont pas tolérables », poursuit Richard Ferrand (LREM), en « invitant » les élus « à saisir l’autorité judiciaire de tout fait de cette nature ».

Si besoin, la référente de l’Assemblée, membre de l’administration de l’Assemblée, sera « l’interlocutrice pour recueillir les signalements des députés et les conseiller, s’ils le souhaitent, dans leurs démarches éventuelles », a-t-on indiqué en conférence des présidents de groupes parlementaires.

De nombreux députés ont été visés par des menaces de mort ces dernières semaines.

Plusieurs parlementaires de l’Oise ont reçu vendredi des menaces de mort à leurs permanences, a indiqué mardi le parquet de Beauvais à l’AFP, confirmant une information d’Oise Hebdo. Des plaintes ont été déposées et une enquête ouverte.

« Je reste serein mais je trouve que naturellement, la méthode est un peu dingue », a déploré le député LREM Pascal Bois, destinataire de l’un de ces courriers, qui contenait une balle. « On comprend que c’est parce que nous avons voté les leviers permettant de réagir en cas de recrudescence épidémique », estime le parlementaire qui regrette une volonté « de ne pas respecter l’expression des urnes et de la démocratie ».

Fin octobre, des élus de la majorité ont annoncé porter plainte après des menaces de mort liées à la politique sanitaire et vaccinale du gouvernement et faisant référence au meurtre récent du député britannique David Amess, poignardé mi-octobre lors d’une permanence parlementaire.

Sur Twitter lundi, le député LREM de Moselle Ludovic Mendes a poussé un « coup de gueule », après un mail anonyme le menaçant de « décapitation ».

« Vos menaces ne me font pas peur », a souligné le « marcheur ».

Une précédente série de menaces et de violences avait également eu lieu au moment de la crise des « gilets jaunes ».

Chez LFI, le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a déposé plainte contre X mi-novembre après la publication d’un photomontage d’un groupuscule d’extrême droite, faisant d’une caricature de son visage une cible avec un viseur d’arme à feu sur le front.

Sa collègue, la députée LFI Danièle Obono, ciblée également, a elle aussi porté plainte et le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Début novembre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait appelé les préfets à renforcer la sécurité des élus, face aux menaces et aux intimidations, notamment en augmentant la surveillance autour de leurs permanences et, au besoin, de leurs domiciles.