Cette publication a été publiée à l'origine sur ce site

A Molenbeek, des centaines d’élèves manquent d’un ordinateur pour pouvoir poursuivre la classe à distance. Un appel aux dons est lancé vers les entreprises.

De nombreuses écoles se trouvent démunies face au numérique. En ces temps de confinement, la solution digitale est pourtant devenue essentielle pour que les élèves puissent continuer à suivre leurs cours. « On n’a pas le choix », réagit Ibrahim Ouassari. Le fondateur de MolenGeek apporte donc son soutien aux écoles de Molenbeek – « et particulièrement à celles des quartiers défavorisés »– dans le développement et la formation aux outils d’e-learning, afin de faciliter cette transition.

C’est notamment le cas de l’Athénée Serge Creuz et Toeth Stielemans, avec qui MolenGeek collabore régulièrement. Seulement, « on ne peut pas uniquement compter sur notre énergie et notre bonne volonté », poursuit Ibrahim Ouassari. Si les jeunes sont ultra connectés via leur smartphone, c’est beaucoup moins le cas du canal ordinateur. « Énormément d’élèves n’en ont pas à la maison », a-t-il constaté. Et les demandes pleuvent auprès de l’école de codage, fort active auprès de la jeunesse. Elle s’est donc attachée dans un premier temps à fournir un équipement aux jeunes qui fréquentent MolenGeek. Mais les stocks sont vides et les besoins augmentent. « On arrive à saturation et nous avons déjà 200 jeunes en attente », précise Ibrahim Ouassari.

Appel aux entreprises

Il a donc lancé un appel aux dons auprès des entreprises, à commencer par ses partenaires proches, comme Proximus et Elia. « Il y a urgence. C’est maintenant que l’on a besoin de soutien. » Les ingénieurs informatique de MolenGeek se chargeront de reconditionner les ordinateurs reçus (en fin de leasing, non-utilisés…) : formater les PC, y installer les logiciels nécessaires à l’e-learning… et les désinfecter en bonne et due forme avant de les livrer aux écoles, qui se chargeront de les distribuer aux élèves. « La priorité est d’en distribuer un par foyer. Quitte à ce que les enfants se le partagent. Si nous en avons les moyens, nous en distribuerons un par enfant », explique Ibrahim Ouassari, vantant l’esprit de communauté dans lequel le projet est né.

« Aujourd’hui, nous sommes tous contraints d’utiliser le digital pour poursuivre nos activités. C’est aussi aujourd’hui que nous, les acteurs du numérique, devons prendre nos responsabilités » afin de soutenir la population d’une part, et d’autre part, de rendre l’outil pérenne au-delà du confinement. « L’e-learning peut participer à diminuer la pollution et à améliorer la qualité de vie », pense le fondateur de la start-up molenbeekoise, persuadé que « chaque crise est une opportunité d’évolution vers d’autres modèles ».