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L’ex-ministre socialiste Arnaud Montebourg, candidat à la présidentielle, a proposé mercredi d’augmenter le Smic d’au moins 10% s’il était élu, et d’organiser un « Grenelle » sur les salaires en vue d’une hausse générale.

Face à « une situation de grave pauvreté pour les gens qui travaillent », situation qu’il a jugée « quasi explosive », la question est celle « d’abord des salaires », et « il faut prendre une décision radicale sur le Smic », avec une augmentation « importante », a-t-il expliqué sur LCI.

« On ne peut pas faire moins de 10%, parce qu’il faut rattraper », a-t-il ajouté, estimant que l’augmentation via « les systèmes automatiques ne fonctionnent absolument pas ».

« Il faut le négocier ensuite et diffuser dans toutes les chaînes des salaires », a-t-il poursuivi. « Il va falloir s’adresser à tous ceux dans la moitié inférieure des salaires et pour moi ça passe par une négociation, une sorte de Grenelle à la façon de mai 1968 qui avait vu une augmentation de 10% de tous les salaires », a-t-il ajouté, se prononçant pour une différenciation des hausses « selon les branches ».

« On ne pourra pas échapper à ça », a-t-il conclu en rappelant que le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux avait dit fin août entrevoir « forcément » des augmentations de salaires début 2022 étant donné les difficultés de recrutement.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait de son côté invité à « se reposer la question de la meilleure rémunération » afin que la croissance « profite à tout le monde, sans exception, même les plus faibles, même les moins qualifiés, tous ceux qui ont été aux avant-postes de la crise ».

Du fait des chiffres de l’inflation, le Smic va, lui, connaître une augmentation automatique de 2,2% au 1er octobre, soit près de 35 euros brut par mois, à environ 1.589 euros, selon les calculs de l’AFP.

Une telle hausse en cours d’année est inédite depuis 2012, le Smic bénéficiant chaque année d’une hausse mécanique calculée selon deux critères: l’inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE).

Le Smic avait ainsi été augmenté de 0,99% au 1er janvier, pour atteindre 1.554,58 euros brut par mois (+15 euros).